Une interface en réalité virtuelle

31.11.2017 : Université Kim Chaek

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La deuxième page de mon carnet a été réalisée en collaboration avec le développeur français Christophe Boucher. Elle s’intitule : Le 31 novembre 2017 : Université Kim Chaek. Dans cette interface, j’ai utilisé la réalité virtuelle pour regrouper une partie des recherches documentaires que j’ai mené plusieurs années durant sur la Corée du Nord pour mon projet pluridisciplinaire Carnet de voyage virtuel en Corée du Nord.  

Cette interface est une première tentative de base de données sensorielle.

Dans les années 20, en Russie, un jeune psychologue, Alexandre Luria, rencontre Solomon Shereschevsky, un homme à la mémoire extraordinaire. Solomon Shereschevsky mémorise des listes de chiffres et de mots, même dans des langues étrangères, sans aucune difficulté. Pour cela, Luria raconte qu’il les transforme en images en les localisant dans une rue de sa ville natale ou, à Moscou, partant de la place Maïakovski...

Pendant mon voyage, j’ai effectué de nombreuses recherches documentaires, accumulé des centaines de documents, notamment sur l’université Kim Chaek. A la manière de Shereschevsky, de son rapport à la mémoire ancré dans l’image et dans l’espace, j’ai utilisé la réalité virtuelle pour regrouper une partie de mes données dans l’espace que j’ai tant de fois contemplé ces dernières années : Pyongyang vu de la pointe nord de l’île Yanggak. Cette interface est une première tentative de base de données sensorielle.

Le choix de l’université Kim Chaek reflète des préoccupations qui m’habitent depuis le début de mon voyage virtuel. La Corée du Nord a toujours agit sur moi comme un miroir, me poussant à m’interroger en contrepoint sur nos libertés dans le monde numérique, sur les enjeux politiques et sociaux de notre liberté de navigation, sur l’influence du numérique dans notre perception du monde, du temps, de l’espace...